La femme forte(resse)
Celle qui ferait "peur" aux hommes
Avant de commencer…
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Il y a un profil que je retrouve souvent, très souvent, parmi les femmes que j’accompagne.
Un archétype contemporain, forgé par les épreuves de la vie : la femme forteresse.
C’est une femme qui a dû (ou choisi) de se construire seule.
Une femme qui a construit une carrière dans un monde où il a fallu s’imposer.
Qui a élevé des enfants, souvent seule.
Qui a pris des responsabilités tôt.
Qui a beaucoup donné. Aux autres. Au travail. À la famille.
Et un peu moins à elle.
Elle a appris à se battre.
À maîtriser. Gérer. Contrôler.
Et, presque sans s’en rendre compte, elle a mis une armure.
Ce sont souvent des femmes de 40, 50, parfois 60 ans.
Elles ont traversé une séparation, un burn-out, un deuil. Ou tout ça à la fois.
Et il a fallu se relever. Remettre de l’ordre. Porter tout le monde sur son dos.
Un mode survie devenu, avec le temps, un mode de vie.
Derrière ça, il y a une mécanique intérieure : le yin et le yang.
Le yang, c’est l’action, la force, la maîtrise.
Le yin, c’est l’ouverture, l’accueil, la vulnérabilité.
Et pour survivre, ces femmes ont souvent dû activer à fond leur yang.
Elles ont mis leur yin en veille. Non pas parce qu’il n’existait pas. Mais parce que le monde ne leur laissait pas le loisir de l’exprimer.
Aujourd’hui, la sociologie le confirme.
Les femmes sont, dans la plupart des tranches d’âge actives, plus diplômées que les hommes.
Elles ont gagné en autonomie professionnelle, sociale, administrative.
Elles vivent plus longtemps.
Et elles sont plus nombreuses à se retrouver seules après une séparation, un divorce ou un veuvage.
Quand les structures de soutien s’effondrent, quand le couple ne garantit plus la sécurité, ce sont souvent elles qui compensent.
Elles s’occupent seules des enfants malades, des parents vieillissants, de l’administratif du quotidien.
Elles absorbent le choc émotionnel d’une séparation tout en maintenant le cap pour tout le monde.
Et dans tout ça : rien à redire. Rien à corriger.
Cette force est précieuse. Elle a permis de tenir debout.
Mais le problème commence quand elle se rigidifie.
Quand elle devient une posture automatique.
Et surtout, quand elle déborde dans la sphère amoureuse.
C’est souvent là que le malentendu surgit.
Ces femmes arrivent aux premières rencontres sentimentales avec un discours bien rôdé :
“Je suis indépendante.”
“Je n’ai besoin de personne.”
“Je cherche juste quelqu’un pour kiffer. La cerise sur le gâteau.”
Sur le papier, c’est fluide, affirmé, presque séduisant.
Mais dans l’échange, il manque quelque chose. Une chaleur. Une brèche.
En face, l’autre ne sent pas l’espace pour exister.
Pas de vide à combler, pas de besoin à rencontrer.
Juste une façade lisse, impeccable et imperméable.
Il ne sait pas quoi dire, ni quoi faire. Alors il décroche.
Et très vite, la conclusion tombe :
“Il a eu peur.”
“Les hommes ont peur des femmes fortes.”
Il y a une part de vrai.
Mais il y a surtout une grosse illusion.
Ce n’est pas la force qui fait fuir.
C’est l’imperméabilité.
Parce qu’aimer, ce n’est pas seulement admirer.
C’est aussi pouvoir compter pour l’autre. Participer. Apporter. Contribuer.
Pas pour sauver.
Ni pour dominer.
Mais pour avoir une place.
Je pense à cette femme brillante, 50 ans, cadre dirigeante.
Lors d’un dîner, elle explique qu’elle a déjà tout : enfants, amis, maison, carrière.
Trois semaines plus tard, elle me dit :
“Encore un homme qui n’assume pas une femme accomplie.”
Peut-être.
Mais peut-être aussi qu’il n’a pas vu où il pouvait entrer.
Ce que nous disent les recherches en psychologie, c’est que la vulnérabilité émotionnelle partagée (même légère, même subtile) est l’un des leviers les plus puissants pour créer un lien authentique.
La fameuse “divulgation émotionnelle” permet à l’autre de se sentir utile, impliqué, concerné. Elle crée un attachement plus profond que n’importe quelle assurance brillante.
En clair : ce n’est pas ta force qui bloque.
C’est ce que tu refuses de montrer.
Si tu te reconnais dans ce portrait, voilà ce que j’aimerais te dire :
Tu n’as rien à prouver en amour.
Cette armure t’a protégée.
Mais elle n’est pas faite pour créer de l’intimité.
Il ne s’agit pas d’arriver “à nu” à un rendez-vous.
Il ne s’agit pas non plus de renier ton autonomie.
Il s’agit juste de laisser transparaître aussi ce qui est plus doux, plus fragile, plus vivant.
Ta capacité à demander. À douter.
À avoir besoin, parfois.
Un couple ne se construit pas entre deux forteresses.
Mais entre deux êtres capables d’ouvrir une porte.
Alors, si tu veux faire un premier pas, je te propose un exercice très simple.
Prends un papier et un stylo.
Et note toutes ces choses que tu n’oses pas dire lors d’un premier rendez-vous.
Par peur d’être jugée.
Par peur d’être “trop”.
Ou par peur de te faire avoir.
Choisis-en une seule.
Pas forcément intime. Mais sincère.
Et lors de ta prochaine rencontre, essaie d’en parler. Un peu.
Observe ce que ça crée.
Ce n’est ni une stratégie, ni un test.
Juste une manière de voir ce qui se passe quand tu fais tomber, l’espace d’un instant, une brique de ta muraille.
À bientôt,



Bravo Antoine pour vos analyses et votre capacité à les mettre en mots. Mais... je trouve qu'on met systématiquement les femmes sur un piédestal dans leur rôle de maman, leur capacité à gérer de front plusieurs choses... Je suis papa solo depuis 6 ans en garde alternée (la vraie!), je gère mes filles depuis 12, je progresse niveau pro, je cumule les emplois et je suis engagé depuis de longues années au niveau associatif. Les hommes aussi ont du courage et du mérite 🙂
Toujours la même précision chirurgicale dans l’analyse , j’adore .
Tout est dit , tout est juste.